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Oser dire sa fatigue

Témoignage

- J’en ai marre de cette chaise roulante qui me colle à la peau !!! Marre, marre !
- De quoi te plains-tu ? Ce n’est même pas toi qui es assise dedans mais ton mari ! Il y a des situations bien plus graves que la tienne !
- Ben tiens ! C’est dur, dur au quotidien même pendant les vacances !!!
- Comment pendant les vacances ?!

photo vacances

“À qui oser dire sa fatigue ?”

La montagne, les villes anciennes, c’est à oublier. C’était pourtant la marche, les visites de villes qui constituaient la plupart de nos vacances avant cet accident. Trouver un hôtel avec chambre adaptée relève de la gageure. Chambre adaptée signifie trop souvent “adaptation pour personne qui peut encore se mouvoir sans sa chaise” ; alors c’est la désagréable surprise, sans compter un prix nettement plus élevé ! Passons, visitons cette charmante petite ville : monuments anciens, ruelles escarpées aux pavés impraticables, que c’est magnifique mais pratiquement inaccessible (c’est votre faute, pourquoi n’allez-vous pas vous dorer au soleil sur la plage ?)

C’est l’heure de chercher un resto. Je dois m’y prendre une heure plus tôt : je dois vérifier les escaliers, l’étroitesse des portes, le passage entre les tables, l’accessibilité de la table (parfois, il nous faut prendre une table de quatre, ce qui fait la joie du restaurateur !). Après avoir parcouru quelques rues et inspecté cinq restos, je réserve dans le sixième et, ma foi, tant pis pour le menu ou le prix. Après le repas, vient l’heure d’un des cinq sondages de la journée. Les toilettes du resto se trouvent au sous-sol, nous sommes trop loin des toilettes de l’info-tourisme que nous avons utilisées ce matin. Impossible de trouver un café avec des toilettes accessibles. Tant pis, problème insolvable, nous cherchons à l’arrière d’une église ou d’un monument, un endroit discret et mon mari fait son sondage.

En croisant un groupe de marcheurs, sac au dos et bâton à la main, mon mari essuie une larme : “Tu te souviens ?” Après trois, quatre jours de ces vacances, je rentre fatiguée, j’aurais tellement besoin de vraies vacances.

À qui oser dire ma fatigue, partager mes plaintes, recevoir des encouragements de personnes qui vivent des moments semblables et même souvent pires ! Merci pour son soutien au groupe des aidants proches de Namur qui, très justement, a pris pour nom : “Oser dire sa fatigue”. Je me sens tellement plus légère et un peu plus optimiste après chaque réunion.

Madame C., groupe des aidants proches Altéo de Namur

(Article extrait de la revue Contact N° 115 - la revue de l’aide et des soins à domicile)

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